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Après avoir dirigé de 1994 à 2011 une société internationale spécialisée dans les stents en silicone et nitinol pour la trachée et les bronches et après avoir développé de nombreux produits en pneumologie interventionnelle, je me suis réorienté vers la psychothérapie (praticien diplômé de l’EFPP-PACA).

Aujourd’hui, j’exerce principalement en tant qu’hypnothérapeute, membre du Syndicat National des Hypnothérapeutes et de la National Guild of Hypnotists américaine. Spécialiste en arrêt du tabac, j’ai pu vérifier dans ma pratique l’intérêt de cette technique et son efficacité.

Fumer tue.

Oui, fumer tue et pas uniquement par les cancers associés. Fumer est un facteur aggravant de risque de suicide. Démonstration en a été faite par Richard Grucza, PhD, MPE (Washington University School of Medicine à Saint-Louis, Missouri) dans une étude menée de 1990 à 2004. D’après Grucza, aux USA

«chaque dollar supplémentaire imposé sur le prix des cigarettes est associé à une baisse de 10% du risque de suicide. A l’inverse les Etats laxistes en matière de tabac ont vu leur taux de suicide augmenter jusqu’à 6% sur la même période ».

Pour Richard Grucza la nicotine serait en cause en contribuant à la dépression et à l’anxiété. Fumer tue et détruit peu à peu le corps et l’esprit. Ceux du fumeur et ceux des victimes collatérales que ce soit par tabagisme passif ou, indirectement, par les conséquences que le tabagisme va avoir sur les fumeurs.

Des pistes pour arrêter

Arrêter de fumer est donc une nécessité individuelle, familiale et collective. Il y a plusieurs façons d’arrêter de fumer car il y a plusieurs habitudes tabagiques.

  • Le fumeur social ne fume qu’en public et considère avoir besoin de fumer pour être admis dans le groupe évitant ainsi la souffrance d’un sentiment de rejet né du ressenti d’une expérience plus ou moins ancienne.
  • Le fumeur émotif associe de manière automatique le geste de fumer à un sentiment intense de joie ou de colère. Il utilise la cigarette comme exutoire pour évacuer son stress.
  • Le fumeur hédoniste dit trouver dans la cigarette le plaisir, la stimulation recherchée. Il transfert ce besoin sur la cigarette et ne peut l’envisager dissociée du plaisir érotique dont il a besoin.
  • Le fumeur addictif allume cigarette sur cigarette. Du lever au coucher il a une cigarette à la bouche (parfois certains se relèvent la nuit pour fumer).

Il est assez curieux de constater que la pensée commune veut qu’il soit difficile d’arrêter de fumer. Il est certain qu’il est plus difficile d’arrêter que de commencer et notre système éducatif (parents, système de Santé Publique et Education Nationale) devrait continuer à renforcer les actions de prévention.

Si d’après certaines études le traitement substitutif nicotinique permet de doubler les chances d’arrêt par rapport à un placebo (Silagy et al., 2003), d’autres mettent en avant un taux de succès très bas de 7% de succès à 6 mois (Hughes et al. , 2003). Les médicaments de sevrage donnent un taux de 14,6% pour le bupropion – Zyban – et 23% pour la varenicline – Champix – (Jorenby et al., 2006). On peut constater que, dans cette étude, les placebos ont un taux de succès de 10,3% à 12 mois, soit un taux supérieur à celui des substituts nicotiniques. En utilisant l’association psychothérapie et hypnothérapie, l’accompagnement du fumeur qui souhaite s’en sortir est beaucoup plus efficace que les autres techniques de sevrage tabagique.

L’hypnose au service de l’arrêt du tabac

En 1992, Chockalingam, a compilé 633 études visant 71806 sujets, comparant l’efficacité des méthodes de sevrage tabagiques donnant le meilleur score à l’hypnose avec 36% à 12 mois (48 études – 6020 sujets). Beaucoup de fumeurs vont voir des hypnotiseurs pour arrêter de fumer parce que « c’est rapide et qu’il n’y a pas d’efforts à faire ». C’est un leurre même s’il arrive que cela puisse fonctionner à court terme. Ne pas associer le tabagisme à sa cause est source de désillusion au bout de quelques semaines ou de quelques mois.

L’hypnose, en s’adressant directement à l’inconscient du sujet, va permettre la mise en place d’un clivage interne entrainant, par exemple, un dégoût de la cigarette, de fortes nausées et n’empêchera pas les effets secondaires à l’arrêt du tabagisme : prise de poids, irritabilité, troubles du sommeil, etc. Il arrive que cela fonctionne très bien et que des sujets arrêtent de fumer, parfois sur du long terme. Ils resteront d’anciens fumeurs avec parfois l’envie d’une cigarette qui risque de les faire replonger dans le tabagisme. Pire, certains peuvent faire un transfert de la cigarette vers d’autres substances dont le chocolat est sans doute la moins dangereuse.

Puis-je redevenir non-fumeur?

Il est possible de devenir un non fumeur. C’est possible spontanément. Je l’ai vécu personnellement et ai connu d’autres personnes dans le même cas. Un jour on se rend compte qu’il est inutile de fumer et que c’est un besoin artificiel qui n’apporte que des désagréments pour soi et les autres.

Le stimulus initial peut être très différent d’un individu à l’autre : alerte grave de santé, obligation vitale indiquée par le corps médical ou tout simplement une grossesse, la naissance d’un enfant ou d’un petit enfant, etc. Une autre manière de devenir non fumeur c’est de prendre le temps de l’analyse et de recourir à la psychothérapie associée à l’hypnose.

En recherchant les causes de son tabagisme on peut arriver à revenir au point de départ et reconstruire son histoire de vie avec l’aide du thérapeute afin de ne plus ressentir le besoin du goût du tabac dans la bouche et d’être capable de côtoyer des fumeurs. Il arrive même que ces anciens fumeurs devenus non-fumeurs puissent fumer une cigarette à l’occasion ou un cigare pour accompagner un moment de partage. Ce qui les caractérise c’est l’absence de besoin et la conscience de l’inutilité du geste.

Témoignage d’une de mes clientes: « J’étais fumeuse depuis l’âge de 17 ans et j’ai tenté à plusieurs reprises d’arrêter cette addiction par diverses méthodes, patch, gomme à mâcher, Champix, etc. C’est l’hypnose qui m’a fait décrocher sans souffrance, sans manque et surtout sans compenser. En deux séances j’ai oublié que j’étais fumeuse … Mon esprit a été reprogrammé pour être dégouté par l’odeur et la gestuelle … depuis 10 mois JE RESPIRE ».

 

 

Qu’apporte le thérapeute?

Dans tous les cas le thérapeute et en particulier l’hypnothérapeute doit se conformer aux demandes de son client/patient et ne pousser le travail que dans des proportions raisonnables et écologiques pour le sujet. Les tabagiques se sont construits sur la cigarette qui n’est autre chose qu’une manière de calmer une souffrance.

Cette petite chose blanche sur laquelle on tire frénétiquement ou avec délectation fait partie de leur comportement et les a aidés à se construire psychiquement. Il n’est donc pas raisonnable de procéder par clivage en une seule séance au risque de générer plus de troubles que d’apporter des solutions saines et positives pour le sujet. Les effets secondaires peuvent être présents de manière forte : prise de poids, irritabilité, troubles du sommeil, etc.

L’apport psychothérapeutique de l’hypnothérapeute va être essentiel dans l’établissement de l’anamnèse afin de purger les émotions trop fortes, encore enfouies dans l’inconscient, puis de consolider le sujet dans sa volonté réelle d’arrêter de fumer. Ainsi l’arrêt sera réel ET durable. Il peut arriver qu’une personne consulte pour l’arrêt du tabac et qu’après une anamnèse précise et approfondie, elle se rende compte qu’objectiver l’arrêt du tabac n’est le bon but.

Une origine du tabagisme ayant été identifiée il sera préférable de travailler sur cette cause. Il arrive parfois que le tabagisme diminue de manière considérable voire s’arrête après une seule séance tant ce travail de fond a été efficace. Une deuxième séance, voire une troisième, est nécessaire pour consolider le travail initial afin de limiter le risque de rechute.

Demain j’arrête. Mais après?

L’arrêt du tabagisme ne peut faire l’économie de changements dans le comportement de vie du sujet. La gestion du stress, une modification de ses représentations, l’hygiène de vie sont des facteurs à prendre en compte. Après l’arrêt du tabac, il est plaisant de voir ses paramètres respiratoires s’améliorer : courir mieux, plus vite, plus longtemps, pouvoir jouer plus pleinement avec ses enfants ou ses petits-enfants, pouvoir monter un escalier sans « cracher ses poumons » à chaque étage.

La reprise d’une activité physique et des conseils alimentaires adaptés à la situation de chacun permettront de consolider les résultats sur le long terme. Là encore la collaboration entre médecin et hypnothérapeute va être essentielle.

Généralement les nouveaux non fumeurs ayant arrêté grâce à l’hypnose, font preuve d’une grande énergie intérieure et les plus actifs sont « mieux » actifs. Ils peuvent plus facilement puiser dans les ressources vitales, avoir une meilleure acuité intellectuelle et une meilleure concentration. L’ensemble des acteurs liés à l’arrêt du tabagisme a donc tout intérêt à collaborer afin de combiner toutes les techniques disponibles pour permettre aux personnes désireuses de quitter cette habitude addictive avec le minimum voire l’absence d’effets secondaires.

Le retour de plus en plus important de la pratique de l’hypnose à l’hôpital dans le traitement de la douleur et l’anesthésie, l’utilisation par les pompiers de cette technique dans les accidents de la route pour calmer les victimes incarcérées dans leur véhicule et des formations de plus en plus complètes pour les hypnothérapeutes (notamment en y associant celle de psychothérapeute) font que cette technique va continuer à se développer de plus en plus.

Les thérapies dites brèves doivent, à mon sens, faire de plus en plus partie de l’arsenal thérapeutique à disposition des médecins et notamment des pneumologues pour donner à leurs patients encore plus de chances de guérir. Traiter un emphysémateux de manière médicale ou chirurgicale et le voir continuer à fumer lourdement est-il encore acceptable alors qu’il existe des techniques qui, si elles ne sont pas totalement garanties dans leurs résultats, peuvent considérablement améliorer les bénéfices attendus.

En travaillant directement avec l'inconscient, l'hypnothérapeute peut aider à reconnecter les liens de communication interne entre l'inconscient et le conscient. Ainsi il est possible de retrouver le chemin vers les ressources internes et évacuer les émotions limitantes refoulées dans l'inconscient. Associé à la psychothérapie il va être possible en toute sécurité d'aller travailler sur les causes des problématiques rencontrées.

Un commentaire sur “Hypnothérapie et Psychothérapie au service de la Pneumologie”

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