Accompagnement du patient dépressif

Dans le cadre de la dépression l’approche psychothérapeutique a avantage à être associée à  l’hypnothérapie  pour réduire le risque de rechutes et pour apporter un support de temps en temps. Un hypnothérapeute non praticien en psychothérapie (hors cadre réglementé) ou psychothérapeute (enregistré à l’ARS) peut sans problème accompagner un patient dépressif.
Quoiqu’il en soit le suivi à long terme est essentiel et quand le patient se sent mieux, cela ne veut pas dire qu’il n’est pas susceptible de faire une rechute. Il est alors important qu’il consulte aussi souvent qu’il en ressent le besoin afin de réduire au maximum son risque de rechute qui aurait des résultats délétères pour ses facultés cognitives et altérerait grandement ses fonctionnalités physiologiques (motrices, intellectuelles et sa libido).

Il n’est pas nécessaire à ce stade de rentrer plus avant dans le détail. Nous avons vu les différentes étapes de la création au développement du lien et chacun ici présent, avec son expérience personnelle, est à même d’en tirer parti.

 

L’hypnose, une méthode choisie

L’hypnose peut vous permettre de travailler sur le lien pour le corriger ou pour le supprimer. Il se peut qu’aucun besoin ne se fasse sentir de manière consciente. La détermination de la manière dont ce lien est ressenti par le sujet est un des enjeux de la thérapie.

Cellule grasse, cellule adipeuse. Cette illustration 3D indique la presence de particules jaunes au sein de la cellule.

Il convient maintenant de faire la différence entre le sentiment et l’émotion. Nous pouvons prendre en exemple les adipocytes.  Ce sont des cellules qui contiennent naturellement des lipides et sont positionnées sous la peau. Ces adipocytes sont présents naturellement dans le corps à la naissance. Les graisses qu’ils contiennent sont essentielles au fonctionnement du corps humain autant en activité qu’au repos.

La présence de graisse est nécessaire et les adipocytes vont la diffuser au travers du système lymphatique vers les tissus et organes du corps, comme un carburant vital. On comprend bien que si ce carburant est vital, son excès est pourtant nuisible voire dangereux. C’est ce qui conduit l’être humain qui absorbe plus de graisse qu’il n’en consomme à devenir progressivement obèse et mettre sa santé puis sa vie en danger.

Dans ce dernier cas, la souffrance du patient va être d’abord basée sur cet excès de graisse sous cutanée. Bien d’autres raisons vont pouvoir être des causes de souffrance.

Explication de l’analogie

Assimilons maintenant l’adipocyte au sentiment et la graisse à l’émotion. L’émotion est une énergie neutre que nous qualifierons de bonne ou mauvaise selon des critères eux mêmes variables. Le sentiment peut être comparé à l’adipocyte. Il est vital, c’est un moteur de notre vie et il a besoin de carburant. Ce carburant c’est l’émotion ou plutôt les émotions qui nous envahissent dans bien des circonstances.

Ce qui nous fait souffrir ce ne sont pas les sentiments que nous éprouvons pour les autres, ni même l’émotion que cela peut susciter, mais bien l’excès d’émotion, tout comme l’excès de graisse.

 

Comment l’hypnothérapeute travaille?

L’hypnothérapeute va dans un premier temps analyser les causes conscientes de la souffrance liée au lien. Dans un second temps il travaillera sur le changement de représentation du patient par rapport à une souffrance particulière.  Il procédera enfin à la rupture du lien, sous hypnose.

Cette rupture, ne consiste pas à supprimer les sentiments comme un chirurgien supprimerait les adipocytes dans le cadre d’une liposuccion. Elle consiste à vidanger les sentiments tout en en conservant le souvenir et en évacuant l’excès d’émotions. C’est cette accumulation d’émotions qui constitue  une souffrance et qui peut se transformer en véritable énergie de destruction massive.

Revenons aux topiques de Freud en considérant deux éléments principaux que sont le conscient et l’inconscient. Le conscient va recevoir des informations de tous types.  Il va soit en garder le souvenir soit le refouler vers l’inconscient représentant par là même l’un des premiers mécanismes de défense que l’enfant va mettre en œuvre. Très souvent dans ce cas on observe cliniquement des adultes n’ayant plus de souvenir conscient immédiat de leur petite enfance. Les premiers souvenirs sont souvent datés de l’âge de raison à partir de 6/7 ans. Il se peut qu’il y ait des souvenirs mais consciemment vidés de leurs émotions.

L’émotion a-t-elle réellement disparue ? Non. Elle a été évacuée par les rêves ou d’autres mécanismes de défense qui ont pu s’avérer plus ou moins efficaces. Dans bien des cas, l’émotion reste dans l’inconscient où elle va tout faire pour, d’une manière ou d’une autre, ressortir. Cela peut se faire par le rêve (le cauchemar étant un rêve raté), par la méditation, la prière, ou l’hypnose et différentes techniques associées.

 

Conscient et inconscient, où en sommes nous?

En fait l’hypnose est un état modifié de conscience. ll se met spontanément en place naturellement chez chacun d’entre nous pour environ 5 à 10’ toutes les 90’. Qui ne s’est jamais dit au volant de sa voiture : « tiens je suis déjà arrivé là ?!? » Observez les enfants qui regardent la TV ou jouent aux jeux vidéos. Ils ne répondent pas à vos questions. Demandez-leur ce que vous venez de dire et ils sont généralement capables de vous répondre avec une précision déconcertante. Leur esprit conscient était complètement absorbé par ce qu’ils voyaient et leur esprit inconscient était parfaitement à l’écoute de ce que vous disiez. Il restait vigilant.

En induisant un état modifié de conscience l’hypnothérapeute peut dialoguer avec votre inconscient. Il pourra  lui suggérer des messages choisis, en fonction de ce que vous souhaitez travailler. Il va vous mettra dans les dispositions requises afin que votre inconscient installe lui même les solutions au problème évoqué. L’inconscient libérera les ressources nécessaires et vous les livrera au bon moment et dans de bonnes conditions.

C’est donc bien dans le protocole choisi ou, pour mieux dire dans l’intention positive, que la décision de changer la représentation du lien ou de le rompre va se prendre.

Représentations de la rupture du lien

Un homme âgé a perdu sa mère qu’il a toujours fuit car il ne s’est jamais senti en sécurité ni protégé pendant son enfance. Il a donc une tendance psychotique, par exemple à tendance paranoïaque. Il aime sa mère mais culpabilise car il ne s’en est pas occupé autant qu’il estime qu’il aurait dû. Voilà un candidat à un changement de représentation du lien. Lui faire travailler sous hypnose la représentation qu’il a de sa mère quand il était jeune peut lui faire comprendre les raisons de son sentiment d’insécurité sur lequel il s’est construit. Etant libéré de cette représentation, réelle ou supposée, il va pouvoir commencer à se reconstruire dans de bonnes conditions. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, n’est-ce pas ?

Une femme perd son mari prématurément. Jeune elle ne peut cependant pas refaire sa vie même si cela pourrait être très positif pour ses enfants … et souhaitable pour elle. Im y a donc lieu de travailler sur le deuil. Est-ce une rupture de lien ? Encore une après un terrible décès ? Non. L’hypnothérapeute est à même de faire comprendre que c’est l’excès d’émotions non exprimées qui génère et entretient cette souffrance. Cette émotion non exprimée ou libérée empêche toute reconstruction. Dans ce cas ce sera un protocole de deuil pour éliminer l’excès d’émotions invalidantes et permettre, dans le souvenir apaisé de l’être aimé, de reconstruire sa vie de manière harmonieuse et respectueuse de son propre passé.

Enfin, prenons l’exemple d’un homme ou d’une femme, dans le cadre d’une rupture sentimentale. Ce genre d’événement peut très bien se passer. Il faut admettre que je ne le vois pas fréquemment en cabinet. Le protocole de rupture du lien est alors indispensable. Il est orienté vers une rupture virtuelle mais visualisée de manière extrêmement précise. On abouti ainsi à une véritable libération. Imaginez un ballon gonflé d’hélium qui s’envolerait après avoir été détaché de son ancre.

Conclusion

Le lien originel est celui qui unit le sujet à son premier objet d’amour qu’est la mère. Les liens qui vont se créer tout au long de la vie de l’enfant vont être des liens de substitution visant à combler ce manque à être. Ces liens peuvent prendre des formes très différentes. Ils peuvent expliquer l’ensemble des pathologies psychiques auxquelles tout thérapeute sera confronté.

L’hypnose offre un moyen complémentaire et  rapide pour permettre une libération du sujet en souffrance. L’hypnothérapeute va agir pour empêcher le patient de se noyer. Le psychothérapeute analysera avec lui, une fois sauf, les raisons pour lesquelles il est tombé à l’eau.

En travaillant directement avec l'inconscient, l'hypnothérapeute peut aider à reconnecter les liens de communication interne entre l'inconscient et le conscient. Ainsi il est possible de retrouver le chemin vers les ressources internes et évacuer les émotions limitantes refoulées dans l'inconscient. Associé à la psychothérapie il va être possible en toute sécurité d'aller travailler sur les causes des problématiques rencontrées.

Un commentaire sur “Les effets neurotoxiques de la dépression (2)”

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