Il fut un temps pas si lointain où la dépression était considérée comme la maladie des « fainéants ». L’image qu’une personne dépressive véhiculait était très négative. Depuis quelques années la dépression est reconnue comme une une vraie pathologie. Il ne faut toutefois pas confondre des symptômes de la dépression et la dépression pathologique.

Des symptômes tels le manque d’allant, des troubles du sommeil ou de l’humeur, un sentiment de fatigue permanent sont des symptômes à prendre au sérieux. Ils peuvent être simplement le fait d’un problème alimentaire entrainant un dysfonctionnement du foie ou d’un système digestif paresseux. Des excès répétés sont également susceptibles de produire les mêmes symptômes ainsi qu’un stress soudain et passager. Des évènements anodins reliant au passé peuvent également déclencher des symptômes de la dépression sans être forcément une dépression nécessitant tout son arsenal thérapeutique trop souvent et trop facilement utilisé comme les antidépresseurs.

De tels signes, une fois la cause identifiés doivent être traités par un médecin qui va orienter son patient vers une solution médicamenteuse (qui peut être nécessaire) ou psychothérapeutique (toujours utile pour verbaliser sa problématique). Le recours à un hypnothérapeute, praticien en psychothérapie, est un atout supplémentaire et complémentaire.

Selon un travail mené par des équipes de l’INSERM, les épisodes de dépression pourraient altérer les fonctions intellectuelles de manière pérenne. D’autant plus s’ils ne sont pas pris en charge.

La dépression est une maladie fréquente qui touche au moins 10% de la population française.  Le risque de rechute reste élevé même plusieurs années après la rémission si le thérapeute ne vise pas la cause (le terrain) mais uniquement les symptômes.

Les conséquences de ces rechutes, non seulement génèrent un déficit psychomoteur chez les patients déprimés, mais  cette altération peut persister après l’épisode dépressif 

« La dépression, une maladie qui s’aggrave avec le temps

Pour en savoir plus, l’équipe de Philipp Gorwood (Unité INSERM 894) a mené une étude chez plus de 2 000 patients ayant connu entre 1 et plus de 5 épisodes dépressifs au cours de leur vie. Afin d’évaluer leurs capacités cognitives, ils ont mesuré la rapidité à exécuter un test simple. Ce dernier consistait à relier des cercles numérotés et placés dans le désordre sur une feuille.

Juste après une première dépression, le temps nécessaire pour réaliser ce test était de 35 secondes. Mais chez les patients ayant vécu plus de deux épisodes, ce temps s’était considérablement allongé, passant à 1 minute et 20 secondes. « Plusieurs autres variables sont potentiellement explicatives (âge, niveau d’étude, activité professionnelle). Mais si on ajuste ces paramètres, nos résultats restent extrêmement robustes », explique Philipp Gorwood.

Avec son équipe, ils sont les premiers à démontrer aussi simplement les effets « neurotoxiques » de la dépression. Ce constat conforte également les observations quotidiennes des médecins et les conclusions de précédentes études épidémiologiques, à savoir que la dépression est une maladie qui s’aggrave avec le temps. » Source : European Neuropsychopharmacology, 13 octobre 2014 (destinationsante.com)

Il est donc nécessaire non seulement de prendre les personnes présentant des symptômes de la dépression très au sérieux afin de  les orienter vers une solution thérapeutique mais également de consulter régulièrement afin de ne pas rechuter. Il est très facile d’abandonner une thérapie quand on n’a pas en tête les conséquences d’un tel arrêt.

Sauf dans des cas particuliers où la sauvegarde de la vie de la personne est en cause, le recours au médicament (anti dépresseurs, anxiolytiques  ou hypnotiques) est rarement la panacée. Elle peut entrainer le patient dans une atonie dont il peut avoir du mal à se relever. Il faut rappeler que la France est championne du monde de consommation d’anti-dépresseurs.

La psychothérapie est une solution ayant fait ses preuves. Là encore pour certains patients le suivi est très efficace et les effets secondaires extrêmement faibles.

L’hypnothérapie, associée à la psychothérapie et à d’autres techniques de thérapies brèves, est un moyen très efficace à court et moyen terme pour sortir un patient d’un état dépressif en travaillant directement avec l’inconscient. Si le choix d’un thérapeute est essentiel par rapport à la confiance qui s’installe entre le patient/client et son thérapeute, les techniques utilisées en Hypnose ou en Actualisation des Mouvements Oculaires (AMO)sont essentiels. Pour les personnes qui ne peuvent verbaliser leurs maux (mettre des mots sur leurs maux) l’AMO présente de nombreux avantages tout en créant de manière physique (démontré sous IRM) des connexions neuronales nouvelles qui vont perdurer dans le temps et entrainer un réel changement dans le comportement et les représentations des problématiques à affronter.

L’hypnose, en générant un état de relaxation profond autant physique que mental va permettre un accès à l’inconscient qui va libérer le patient d’émotions refoulées depuis parfois très longtemps.
Dans le cadre de la dépression l’approche psychothérapeutique a avantage à être associée à  l’hypnothérapie  pour réduire le risque de rechutes et pour apporter un support de temps en temps. Un hypnothérapeute non praticien en psychothérapie (hors cadre réglementé) ou psychothérapeute (enregistré à l’ARS) peut sans problème accompagner un patient dépressif.
Quoiqu’il en soit le suivi à long terme est essentiel et quand le patient se sent mieux, cela ne veut pas dire qu’il n’est pas susceptible de faire une rechute. Il est alors important qu’il consulte aussi souvent qu’il en ressent le besoin afin de réduire au maximum son risque de rechute qui aurait des résultats délétères pour ses facultés cognitives et altérerait grandement ses fonctionnalités physiologiques (motrices, intellectuelles et sa libido).
Bruno Ferreyrol

Bruno Ferreyrol, Hypnothérapeute, Charente